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Sujet : Devenir du psy... faire passer des bilans?

  1. #11

    Par défaut Réponse à Christophe

    Christophe,

    Les démarches ont débuté il y a plus d'1 an pour moi. L'étude de marché a commencé à distance. J'ai essayé d'avoir des informations via l'ARS et un service de la région PACA. Plusieurs mois après pas de réponse. Entre temps, j'ai déménagé. A ce jour, aucun de ces services n'a répondu à mes questions. Donc plus d'1 an après, rien! J'ai dû m'appuyer sur google, les pages jaunes et les sites de prise de rdv en ligne pour voir grosso modo les villes plus ou moins en tension. Les quelques personnes que je connaissais ici pensaient qu'il y avait de la demande. Mais comme elles ne sont pas du tout du secteur, leur retour n'était absolument pas fiable.
    Je suis effectivement en colère car arrivée dans cette région où la moindre démarche demande un effort inimaginable (accès à un logement, prise de contacts avec des pro, possibilité de louer quelque chose), je suis usée. J'ai perdu 10 mois et suis encore à un résultat nul professionnellement parlant. J'observe sur le banc de touche des gens qui se sont installés sur le stade entre 2018 et le moment où je vous écris. Pourtant, j'ai contacté des professionnels qui ne m'ont jamais répondu (infirmiers, podologue, psychologue, orthophoniste etc). J'ai discuté avec mon médecin généraliste. Il m'explique comment lui même a galéré pour avoir son bureau. Forcément ça interroge... Je discute avec les pharmaciens. Je visite des locaux, dont les propriétaires sont parfois eux-mêmes dans le secteur de la santé. Puis au détour de la discussion, les remarques reviennent "j'ai déjà des contacts j'attends leur réponse." "j'essaye de faire venir tel professionnel de tel département pour bosser dans mon cabinet." "mes amis sont prioritaires." "je ne souhaite pas louer à temps partiel." "Si je vous loue à temps partiel c'est pour la journée complète, je ne fais pas à la demi-journée." "Alors oui j'accepte que vous receviez en tant que psychologue sur des thérapies analytiques. En revanche vous ne serez pas autorisée à faire de la thérapie psycho-corporelle car il y a déjà un professionnel en place dans le cabinet." "Nous sommes disposés à vous louer un lieu à temps partiel mais sachez qu'il y a déjà 2 psy.Elles sont plutôt orientées enfants. Est-ce que ça vous convient?".... Parfois certains propriétaires ne savent même pas quelle est la formation réelle ou les pratiques des professionnelles... Vous ajoutez à cela des locaux qui ne respectent pas les normes. Ceux qui demandent des loyers exorbitants. La localisation qui ne répond pas toujours aux besoins. On est quand même dans un secteur vieillissant. Les retraités veulent tout avoir à proximité et des bâtiments ont été construits mais trop éloignés du centre ville. Beaucoup, beaucoup, beaucoup d'incohérence.

    La colère est arrivée à son comble après avoir attendu plusieurs semaines un local en travaux, bien placé, mais qui s'est avéré ne pas respecter les normes ERP-PMR. Tout est comme ça. Et je continue à voir des gens s'installer car amis avec les propriétaires qui créent des cabinets. Liberté, égalité, fraternité... Je ne supportais plus de ressentir la discrimination en institution. Je ne voyais plus l'égalité. J'ai tourné la page et ai souhaité viser le libéral espérant vivre quelque chose de plus juste et en accord avec mes valeurs. Depuis que je suis ici, j'observe que les propriétaires gèrent la location de bureaux comme s'ils recrutaient de nouveaux salariés. Forcément je suis en colère. J'ai eu des entretiens où certains me posaient des questions sur ma vie privée, et ont été jusqu'à demander mon CV. Mais bordel qu'est-ce que ça veut dire!!! Je veux louer un bureau, je ne candidate pas pour un CDI!!!! Au final, je vois qu'ils priorisent les gens qui sont sur le territoire depuis longtemps, qui ont fait leurs études dans la région.... N'est-ce pas là encore de la discrimination à laquelle je me heurte? Pensez-vous que j'ai les moyens de faire quoi que ce soit sur cette réalité? Je ne peux contraindre personne à me louer. Je ne peux contraindre personne à répondre à mes demandes de prise de contact, ni à me rencontrer. Et sincèrement, j'étais loin de m'imaginer qu'il fallait "séduire" un proprio pour louer un bureau, pour obtenir la confiance...

    La concurrence. Comment voulez-vous que je reste sereine lorsque les gens me regardent en face et m'expliquent qu'ils vont chercher des pro ailleurs, alors que sur place il y en a qui ne trouvent pas de bureaux? Car je ne suis pas un cas isolée (diététicien, kiné, ostéo galèrent aussi). Il y a déjà un nombre important de thérapeutes. Et les proprio "s'amusent" à aller en chercher encore plus ailleurs. Cette réalité m'insupporte. Après, j'ai conscience qu'une thérapie est une affaire de rencontre et de sensibilité. Si une personne préfère consulter un hypnothérapeute ou un psychiatre, je n'ai pas de prise la dessus. Maintenant, beaucoup trop de confusion dans les esprits. Les gens sont perdus avec tous ces métiers qui surfent sur la psycho. Ca nous cause du tort. J'en ai assez d'être assimilée, voire associée, à des charlatans. Le fait d'être mise en concurrence avec des thérapeutes de ceci ou de cela me pèse. Au fond, on en arrive à être des pro réglementés et à devoir justifier de notre propre sérieux au regard de tous les autres pro qui empiètent sur la psycho. Tout me semble à l'envers. Est-ce aux psy de se justifier ou aux pro qui disent exercer comme des psy?

    Enfin, je pense que vous évoquez au travers de votre écrit la confiance en soi. Est-ce que je me fais suffisamment confiance pour travailler dans un lieu concurrentiel? Est-ce que je crois en ma pratique professionnelle et en ma qualité d'écoutante? Honnêtement, j'estime que si je dois approfondir ces questions il me faudra d'abord avoir un lieu pour exercer afin de savoir si je peux ou pas développer une patientèle. C'est autour de l'activité que je saurai si je me mets en échec ou non. Par contre on s'est éloigné de ma question de départ je trouve. Mes problèmes pour le libéral je préfère les mettre de côté. C'est la place du psy en France qui me questionne, donc institution incluse.

    Bon week-end à vous.
    Dernière édition par RosiRosi; 06/10/2019 à 03h00

  2. #12
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    2 276

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    Je comprends votre frustration mais la (dure) réalité est que personne ne vous doit rien. Par ex, parmi ceux que vous citez ( l’ars, les professionnels déjà installés...) et qui selon vous, vous doivent quelque chose, les propriétaires sont libres de prendre les précautions qu’ils jugent utiles pour avoir un locataire fiable ( personne de connaissance, cv béton , profession jugée plus sûre qu’un psychologue de base d’orientation analytique soumis à forte concurrence etc...). Ils ne sont pas plus que nous, un service public chargé d’établir une certaine justice entre les citoyens. Je fais là référence à un autre débat sur l’obligation morale que nous aurions à proposer des tarifs réduits pour permettre l’accès à tous aux psys libéraux.
    Je crois qu’il serait moins frustrant pour vous de prendre la réalité telle qu’elle est: oui, le monde n’est pas juste et il n’existe aucune loi qui dit qu’il devrait l’être. Je vous renvoie à la PCER: psychothérapie cognitive emotivo -rationnelle ou aux livres de Didier Pleux qui traitent de ces questions là. A partir de là , rechercher une région plus favorable pour s’installer, où des municipalités louent des locaux à des prix corrects et aux normes. Également compléter sa formation pour affronter la concurrence de professions parallèles avec plus de billes . Contacter le maximum de professionnels pour se faire connaître en se disant qu’un retour de 10%, c’est la norme ( c’est ce que j’ai eu) etc...
    Je vous souhaite bon courage.
    Dernière édition par vladou1; 06/10/2019 à 09h26

  3. #13

    Par défaut Réponse à Vladou

    Vladou,

    Oui la vie n'est pas faite de justice. Oui les personnes que je contacte et que j'ai pu rencontrer ne me doivent rien. En revanche, j'ai horreur d'être prise pour une imbécile. Et beaucoup m'ont aussi fait perdre mon temps en me laissant attendre, espérer. Ne serait-ce que ce local qui était censé respecter les normes... Ensuite, je préfère l'honnêteté. Si des gens ont déjà des contacts, que leurs amis sont privilégiés, qu'ils ne veulent pas de temps partiel, ou s'ils préfèrent louer à quelqu'un qui exerce déjà en libéral par précaution, qu'ils ne me fassent pas miroiter un possible en me fixant un rdv. Autant dire non et je poursuis. Quant au silence, ça me renvoie à un manque de respect flagrant. Mais là encore nul est obligé de respecter l'autre ou de répondre aux sollicitations qu'il reçoit. J'ai bien saisi. Ce qui signifie qu'il y a très peu de pro partageant cette valeur, celle-la même qui me paraît pourtant essentiel quand on se veut prendre soin des autres. Bref!

    Merci pour votre recommandation. J'irai voir ce qu'en dit Didier Pleux.
    Rosi
    Dernière édition par RosiRosi; 07/10/2019 à 02h20

  4. #14
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    Bonjour RosiRosi et merci de votre réponse très complète.

    A la lecture de votre écrit, je comprends mieux vos ressentis, merci.

    La place du psychologue en France alors ... Vaste débat...
    Ce qui est certain c'est que la profession évolue d'une manière générale pour tendre vers les nouveaux "besoins" des personnes. Je pense ici à l'inclusion des nouvelles technologies dans les pratiques. Ces nouvelles pratiques viennent se superposer à celles déjà existantes, sans nécessairement les remplacer. Réalité virtuelle, jeux vidéo, skype sont autant de nouveaux supports d'accompagnement. Et puis il y a la sphère un peu plus litigieuse du "commerce" de la psychologie : création d’algorithmes basés sur une IA pour proposer des réponses générées par ordinateur aux personnes bénéficiaires d'un servi qu'elles ont payé "un psy dans votre portable". Algorithmes crées par des psychologues et des développeurs. L'IA est peut être ce qui me semble le plus "dangereux" quand à l'impact que cela peut avoir sur notre métier.
    Pour le reste, potentiellement, rien ne s'annule et tout s'enrichit, dans une vision idéaliste du monde, j'entends.

    Bonne journée,
    Christophe

  5. #15
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    février 2012
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    134

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    J'ai un questionnement similaire, et des inquiétudes partagées. Les tests nous permettent de nous démarquer de tous les autres acteurs surfant sur la psy. Les personnes font juste encore la confusion entre neurologue et neuropsychologue. Par contre, ils n'associeront jamais le neuropsychologue au coach, au thérapeute, au psychopraticien. J'aurai dû m'orienter vers la neuro si j'avais senti le vent tourner plus tôt. La situation pour les cliniciens est violente. S'orienter vers le couple, la famille et/ou la sexologie serait le dernier rempart, encore que beaucoup de thérapeutes non réglementés spécialisés dans le couple.

    Si je découpe la question, je dirais que
    l'avenir des psy en institution est de faire passer des tests. Mesurer, quantifier, justifier, laisser des traces.
    l'avenir des psy en libéral (outre enfant/ado et neuropsy) sera rude. L'écoutant du public adulte sera associé au bien-être uniquement, et non à la santé avec un grand S. Pas certaine que dans ces conditions il soit pertinent de faire 5 ans d'étude pour si peu de reconnaissance.

    L'écoutant tel que je l'ai appris à l'université n'a plus sa place dans la société. Opinion qui n'engage que moi.
    Dernière édition par Psycli3; 11/10/2019 à 20h45

  6. #16

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    [QUOTE = vladou1; 283909] I am not sure that the problem should be posited in these terms, rosi. Psychometrics is special and it is done if and only if one has the desire and the competence and not by obligation to exist. I think that there is always room for "listeners", even if personally, I do not limit myself to that: change is not only in the head. [/ QUOTE]
    yeah i agree on this

  7. #17
    Inscrit
    avril 2013
    Localisation
    pres de Toulouse
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    13 630

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    Si je découpe la question, je dirais que
    l'avenir des psy en institution est de faire passer des tests. Mesurer, quantifier, justifier, laisser des traces.
    l'avenir des psy en libéral (outre enfant/ado et neuropsy) sera rude. L'écoutant du public adulte sera associé au bien-être uniquement, et non à la santé avec un grand S. Pas certaine que dans ces conditions il soit pertinent de faire 5 ans d'étude pour si peu de reconnaissance.

    L'écoutant tel que je l'ai appris à l'université n'a plus sa place dans la société. Opinion qui n'engage que moi.


    effectivemment cette opinion n'engage que vous et est completement érronée
    je travaille en institution et en libéral et bien je peux vous dire que mes collegues dans de nombreuses institutions ne font passer aucun test et que la position d'écoutant est trés recherchée..si vous vous basez sur la société de consommation d'aujourd'hui avec le tout tout de suite,cela peut arriver,heureusement la majorité des gens gardent encore leur capacité de reflexion et leur "appareil" à penser et pour tous ceux là ,la position d'écoutant est privilégiée..
    ne faites pas une généralité avec quelques personnes rencontrés et soyez un peu plus optimiste,l'avenir est ce que l'on en fait

  8. #18
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    juillet 2016
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    Lyon
    Messages
    1 065

    Par défaut

    C'est à mettre en lien avec la question développé dans le dernier numéro du bulletin Fédérer (FFPP) qui pose de bonnes questions sur l'évolution des études de psychologue - et laisse au placard d'autres bonnes questions.
    C'est gratuit, en ligne, cela vous aidera dans votre réflexion.

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