En 2011, la première journée de psycho gérontologie nous a permis de croiser différents regards pour faire le point sur les connaissances psychologiques autour du sujet âgé. Le plan Alzheimer de 2014 a servi de fil rouge pour une réflexion sur nos pratiques. Les demandes des psychologues, suite à ces deux journées, se sont profilées autour des problématiques de la fin de vie : comment la penser, comment les psychologues peuvent travailler cette question…
Notre société repousse l’idée de la mort qu’elle confine à l’abri des regards, mais se délecte volontiers des séries télévisées consacrées aux activités des médecins légistes ou des morts-vivants et des vampires, etc. La mort s’invite cependant toujours à travers des histoires particulières et des événements globaux, ne manquant pas de susciter des débats de société qui, paradoxalement, occupent alors largement le devant de la scène médiatique et politique : la mort de l’autre - de ceux qui n’ont pas assez à manger, de ceux dont le pays est en guerre, et qui meurent en masse, des vieilles personnes isolées et déshydratées en période de canicule -, cohabite maintenant avec la mort de soi, parce que la mort traumatique a meurtri plusieurs pays occidentaux et atteint un voisin, un proche, un qui aurait pu être moi, parce que le rapport à la mort a également été problématisé par les débats autour de la possibilité ou non de mourir dans des conditions décidées et assumées selon le pays où l’on habite, et a de fait directement interrogé chacun de nous dans son rapport intime à sa mort, l’invitant souvent à donner son avis à son entourage.
On sait par ailleurs que des scientifiques se targuent régulièrement d’avoir trouvé une nouvelle façon de ralentir le vieillissement, et soutiennent avoir trouvé là la solution pour retarder l’avènement de la mort. Certains prétendent même éradiquer bientôt le fait de la mort… Or, les soignants, les médecins et les psychologues qui exercent auprès d’adultes vieillissants et âgés savent combien prolonger le vieillissement n’empêche pas la mort d’exister dans les pensées et les expériences intimes de vie. Mort psychique, mort cognitive, mort physique sont autant d’aspects qui habitent pleinement nos diverses activités cliniques et dont nous ne parlons pas souvent ; elles sont tout à la fois très présentes et très insaisissables, ne sont pas sans nous mettre, nous aussi, à l’épreuve, et exigent de fait une réflexion et un travail continus.
Nous avons donc décidé de faire de l’ensemble de ces questions le fil conducteur de notre 3e journée francophone de psycho gérontologie qui aura lieu le 3 décembre 2016 au Centre Universitaire des Saints Pères à Paris 6e.


Caroline Baclet-Roussel
Chargée de Mission “Psycho gérontologie » FFPP



Comité d’organisation scientifique, psychologues et enseignants-chercheurs en psychologie :
J. Accoce, C. Baclet-Roussel, Pr. B. Schneider, Pr.B. Verdon.

Modérateurs :

C. Baclet-Roussel, Stéphane Amar

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Plaquette disponible en téléchargement : ffpp-je-psycho-gerontologie-2016-programme.pdf