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Afficher la version complète : Réu FFPP le 29/01/04 à Pau : Accoyer encore, CR du 25/11/04



28/01/2004, 08h44
Compte-rendu de la réunion FFPP du 25 novembre 2003

Présents : c.f. liste
Excusés : Laurence Lacaze-Labadie ; Fanny Lhospice.

Thème de la réunion : discussion autour de l’amendement Accoyer

M. Accoyer avait déjà en son temps (sauf erreur : en 1997) déposé un 1er projet dans lequel il proposait de légiférer sur le titre de psychothérapeute.Il y a renoncé (les psychologues et psychiatres s’y étaient opposés) et a préféré cette fois ne pas créer un nouveau métier mais réglementer l’exercice de la psychothérapie.
L’Italie et l’Allemagne ont légiféré sur la psychothérapie qu’ils réservent aux psychologues cliniciens et aux médecins. Il en est de même dans de nombreux pays.

Globalement, les psychologues et les psychiatres sont favorables à l’amendement.
Les psychothérapeutes veulent une légalisation du titre et une reconnaissance de la formation.
Les psychanalystes, dans leur majorité, ne sont pas favorables à l’amendement.

Actualité de la CNCDP (Commission Nationale Consultative de Déontologie des Psychologues)
Les questions soulevées concernent essentiellement les sectes mais la nouveauté vient du fait que ce sont les psychologues (et non les usagers) qui interrogent la CNCDP : ils sont contactés par des personnes dont les qualifications et les qualités sont plus que douteuses leur proposant de travailler en collaboration, d’instaurer des permanences téléphoniques, de se rendre au domicile des personnes... Cela permet, dans un second temps, de s’approprier la clientèle.
Les usagers eux-mêmes sont très demandeurs sur la formation, sur les spécificités des psychologues. Néanmoins, on remarque que le public est très résistant à l’information : malgré les nombreuses campagnes de presse qui ont été faites, les questions sont récurrentes.
Il faut une garantie pour que l’usager sache à qui il a affaire.
Un psychologue est en mesure d’attester d’un niveau de compétences et doit faire preuve de « sérieux » dans sa pratique. Pour cela, il existe au Code de Déontologie auquel il est tenu de se référer.

Prescription médicale et remboursement
Les psychologues sont-ils assujettis à la prescription médicale ? Officiellement non. Or, dans les hôpitaux, la prescription est souvent un préalable à la rencontre avec un psychologue.
Au quotidien, les psychologues sont amenés à travailler avec les psychiatres ; or, il existe un parasitage de l’activité entre généralistes et psychiatres (conséquence du manque de psychiatres).
Certaines mutuelles remboursent en partie les séances avec un psychologue mais certaines exigent une prescription médicale. Les séances remboursées sont généralement limitées en nombre ce qui implique que, soit la personne peut continuer à financer seule ses séances et elle poursuit le travail engagé, soit elle ne peut pas les financer et la thérapie s’arrête.
M Accoyer, lors de sa récente intervention sur France Inter a opéré une distinction entre souffrance psychologique et souffrance psychosociale. Attention à la tentation d’un remboursement qui ferait la distinction entre le traitement d’une pathologie lourde qui serait remboursé et celui d’une pathologie légère qui serait considéré comme un confort.

L’amendement
L’amendement Accoyer n’a-t-il pas pour autre finalité de réduire une « économie parallèle » et limiter le nombre de thérapeutes non déclarés (beaucoup fonctionnent en réseau direct, par le bouche à oreille, n’ont pas de déclaration d’existence, aucune visibilité) ?
Globalement, l’assemblée présente reconnaît dans l’amendement Accoyer le fait qu’il oblige les psychologues à prendre une position.
L’amendement associe souffrance et pathologie. Les termes à discuter sont « l’outil thérapeutique » et « les troubles mentaux » qui sont seuls pris en compte.
Outils thérapeutique = soin.
Une définition de la thérapie serait : traiter la souffrance psychique et psychologique avec une méthode.
La psychothérapie comprend à la fois l’accompagnement et le soin.

Sur le texte en lui-même
1. Proposition pour ajouter « souffrance psychique ».
2. Au sujet des qualifications professionnelles requises : quelles sont-elles ? Il faudra être particulièrement vigilant au moment où ces qualifications se discuteront et s’établiront. Les formations choisies amèneront à l’habilitation à pratiquer la psychothérapie. En outre, il faut constater le manque d’unité dans les formations de psychologues.
3. Il n’y a pas de référence à une formation à la psychothérapie ; cela impliquerait que tout psychiatre ou tout psychologue pourrait faire de la psychothérapie.
En ce qui concerne les psychologues, leur formation, même en clinique, ne comporte pas de psychothérapie. Seule la pratique permet cette mise à distance par rapport au sujet. La fac n’est pas le lieu pour le faire et cela relève davantage d’une démarche personnelle.
Psychiatres, médecins et psychologues proposent d’ajouter « personne ayant une formation à la psychothérapie ».
4. La souffrance psychique fait référence à la psychanalyse. La souffrance psychologique a une conception beaucoup plus large.
5. Ne serait-il pas utile d’ajouter à l’amendement une référence aux 2 Codes de Déontologie (médecins et psychologues) ?

Et les psychothérapeutes dans tout ça ?
Les psychothérapeutes devraient être formés à la psychopathologie et il faut constater que certains ont de véritables qualités professionnelles. Un des risques, en les éloignant de la pratique psychothérapeutique serait de mettre à mal une certaine créativité qui fait souvent défaut aux psychologues car enfermés dans leur profession (théorie, « formatage » universitaire).
Ne pourrait-on pas alors envisager une formation spécifique pour les psychothérapeutes ?
Force est de constater qu’il existe une véritable ambivalence entre le sérieux de certains et le laisser-aller d’autres (qui cherchent à rentabiliser un centre par exemple).

Martine Lignières-Cassou, députée, a questionné le Ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées (c.f. JO du 17/11/2003) sur « l’avenir de la profession de psychothérapeute »

L’actualité des psychologues dans les Pyrénées-Atlantiques
2 postes de cliniciens jusque là financés par l’Etat par le biais d’une association dans le cadre du dispositif RMI viennent d’être supprimés car l’Etat a dénoncé la convention et transfère ces compétences dans le cadre de la décentralisation vers le Conseil Général. Ces 2 postes pour adultes seront-ils maintenus dans ce nouveau contexte ? Madame Lignières-Cassou a été interrogée sur ce point. A suivre…

A faire :
Communiquer sur le Code de Déontologie et sur la formation des psychologues ; également, inciter les psychologues à s’inscrire sur la liste ADELI. L’ensemble des psychologues français doit dorénavant s’inscrire sur la liste légale des psychologues, auprès de la DREES, c’est-à-dire :
- sur la Côte Basque, s’adresser à Mme David, Le Capitole, 3 av Armand Toulet à Anglet .Tél : 05 59520033
- en Béarn, s’adresser à Mme Lacaze, à la DDASS à Pau, Bd Tourasse, Service d’Inspection et d’Action de Santé (porte 234). Tél :0559145179
(avec les diplômes originaux, les photocopies, et une pièce d’identité bien sûr)

Pour cela, lancer une information FFPP auprès des employeurs potentiels de psychologues.



Lundi 12 janvier 2004, Magali Mendiondo-Féménia et Aline Morize-Rielland ont été reçues par Madame Lignières-Cassou (Députée). Nous avons écrit par courriel au 3 sénateurs des P.A ( A. Labarrère, A. Cazalet, D. Borotra) pour les informer de nos réflexions en cours sur l’amendement Accoyer.

Pour la FFPP, Magali Mendiondo-Féménia, secrétaire

Prochaine réunion
Jeudi 29 janvier 2004 à 21h
Complexe de la République
Salle 701, 7ème étage
Place de la République/rue Carnot
64000 Pau