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Bellona
06/11/2012, 18h53
Bonjour à tous,

Je suis actuellement étudiante en Master 1 Psychologie et Psychopathologie clinique, à l'Université de Strasbourg.
Je me suis inscrite dans un parcours Recherche, et je souhaite donc poursuivre ma scolarité en Doctorat.

Si je me tourne vers vous, c'est afin d'obtenir des renseignements valables concernant cette filière spécifique qu'est la recherche. Je m'explique :

- Mon principal souci concerne le financement du doctorant. En effet, lorsque je me suis entretenue avec certains de mes professeurs concernant mon ambition doctorale, on m'a dit ou laissé fortement sous entendre que les doctorants étaient généralement prédisposés à donner des cours durant leur thèse dans l'Université qui les accueille, sous contrat de travail avec rémunération.
==> Aujourd'hui, un autre professeur m'a dit que c'était loin d'être systématique, et que c'est bien pour cela que les doctorants se retrouvent en déplacement sur toute la France, à la recherche d'une Faculté qui accepte de les financer de cette façon, et que c'est de plus en plus rare dans le contexte de crise financière actuelle.

- On m'a également dit que les doctorants bénéficiaient d'une bourse doctorale.
==> Je viens d'apprendre que cette bourse est, elle aussi, très loin d'être systématique, et qu'encore une fois elle est exceptionnelle et de plus en plus rare pour les mêmes raisons qu'énoncées plus haut.

- La bourse sur critère social que donne le CROUS, s'arrête au M2. Mais il était possible de demander une bourse exceptionnelle, dans le cadre d'un parcours doctoral.
==> Après avoir pris contact avec le CROUS de ma région, il se trouve que les subventions de l'état en la matière se sont considérablement amenuisées, voir même sont quasiment inexistantes, et rendent extrêmement difficile, si ce n'est impossible, de bénéficier à la date actuelle de cette bourse.

- Être doctorant signifie avant tout être bénéficiaire d'un BAC+5, et offre donc la possibilité de trouver un emplois dans une institution tierce, et ainsi s'auto-financer, tout en enrichissant son parcours scolaire d'une pratique professionnelle. Le tout étant rendu possible, par l'obtention du statut de Psychologue (que l'on obtient, dans le cadre d'un parcours recherche, en réalisant un stage volontaire, et en le conventionnant par notre FAC, afin de valider le pré-requis professionnel manquant à la filière recherche).
==> Cette même professeur (enseignante-chercheur) vient de me dire que non seulement c'était de moins en moins accepté de procéder ainsi, mais que c'était aussi très mal vu, car c'est, je cite, "usurper le titre de psychologue".

En conclusion, si l'on veut faire un doctorat il faut être soi issue d'une famille capable de couvrir les dépenses (ce qui n'est absolument pas mon cas), soit être recruté par un organisme qui prend en charge votre doctorat en échange d'un contrat de travail à la sortie dans leur entreprise (en clinique ça risque d'être très compliqué), soit faire 35 heures au Macdo (et ça merci mais j'ai donné, ma santé aussi).

Ma question est donc la suivante, il doit très probablement y avoir des doctorants, ou des docteurs en Psychologie, et j'aimerai tout simplement savoir comment êtes vous parvenu à financer vos études...
Je suis vraiment déprimée par toutes ces nouvelles informations, je suis réellement engagée dans ce parcours recherche, j'ai un projet de thèse, mais surtout une ambition de carrière. Je ne fais pas recherche par défaut, je le fais car j'ai ça dans le sang, ça me fait rêver, et maintenant que j'y suis engagée, et que j'ai eu l'occasion de me projeter la dedans, je ne me vois plus faire autre chose...

Je vous remercie par avance pour l'attention que vous conférez à mes questions,
Et je m'excuse pour la longueur de ce post, mais je ne savais comment être plus claire :/

Merci encore,
Alice V.

Frank
06/11/2012, 19h14
Bonjour,

Je me permets de répondre parce que ces temps-ci, justement, normalement, si tout va bien, mon dossier a du passer à la signature du labo, de l'Ecole Doctorale, et tutti quanti ... J'attends des nouvelles fraiches !

Pour l'anecdote, quand j'ai dit à quelques amis réunis - récemment - que "ça y est", mon dossier était signé (enfin, ... normalement) ; ils m'ont dit "Ha ! Alors, ça y est du as ton Doctorat !

En fait, c'est que le seul montage du dossier est un vrai parcours du combattant-chercheur ! Ils m'en entendaient parler depuis suffisamment longtemps pour croire que "tout était bouclé" !

Bon, ceci dit, pour le financement, il y a une piste que vous ne mentionnez pas, c'est la thèse CIFRE : financement par une entreprise avec subvention par l'ANRT ... Il ne reste plus qu'à trouver l'entreprise ! J'en parle parce que j'ai une amie qui a su réunir les conditions pour obtenir le financement ! Mais attention, les dossiers, les dossiers, ...

Ensuite, il vous reste aussi à courir les banques pour emprunter de l'argent !

Ensuite, vous dressez un tableau de ce qu'est la recherche qui est assez réaliste : on se demande un peu comment ça marche ! Il faut vraiment avoir l'envie chevillée au corps !

Voila, ce que je peux vous en dire. Je précise que comme j'ai plus de 28 ans, je n'ai donc droit à aucune des aides plus ou moins évanescentes que vous mentionnez : j'ai eu moins de difficultés à chercher dans la mesure où il n'y a ... rien à trouver.

Donc, gardez vos projets, affinez, perfectionnez, travaillez un peu de façon à financer, empruntez, ...

Ha ! Un petit commentaire sur le fait d'usurper le titre de psychologue avec un parcours recherche en faisant un stage ; la loi est claire, vous n'usurpez rien, n'en déplaise à qui veut. Pour ce qui me concerne, je vais faire de la recherche sans parcours recherche, alors ...

Cordialement.

Frank

Bellona
06/11/2012, 19h48
Tout d'abord merci pour cette rapidité de réponse !
Même si votre réponse me fait peur :D

Concernant "la thèse CIFRE : financement par une entreprise avec subvention par l'ANRT", j'ai effectivement vu ça sur le net, mais je suis en Psychologie Clinique :/ Trouver une entreprise qui prenne un clinicien... enfin si j'avais été en social, ou encore en psychologie du travail, on peut imaginer une entreprise qui y verrait de l'intérêt, mais en clinique je crains fort que je ne puisse rien, ou fort peu, leur offrir.

De manière générale, les potentiels futurs doctorants sont complétement laissé de côté... Aucune réunion d'information, aucune plaquette explicative, lorsque vous allez vers les professeurs-chercheurs soit vous avez 20 sons de cloches différents, et n'en savez pas plus au bout du compte, soit, comme j'ai déjà vu, on vous envoie gentiment balader "je vous conseille de faire un parcours professionnel, vous pourrez toujours faire votre thèse plus tard si c'est vraiment ce que vous voulez".
Alors j'ai envie de dire, pourquoi proposer une cursus recherche, si même ceux qui y sont passé vous conseille de faire autre chose, et que surtout on ne vous informe pas... On avait même pas affiché les cours de recherche en ce début d'année scolaire dans l'emploi du temps, c'est dire l'intérêt que nos enseignants ont pour nous (certes nous ne sommes que 2, mais tout de même!).

Pour vous répondre Frank, je ne savais même pas qu'il y a avait une telle dimension administrative, car moi aux dernières nouvelles, "si vous êtes accepté en M2 Recherche, vous êtes assuré d'aller en doctorat", alors c'est vous dire ma déconvenue.

jdeph
06/11/2012, 20h03
Bonsoir,
J'ai été doctorant à Strasbourg et ma situation était loin d'être dans les "normes". Par ailleurs, je n'ai pas eu de bourse ni quoi que ce soit.

Il y a des moyens d'avoir le contrat doctoral, mais, à vrai dire, soit vous êtes une hors série (18 de moyenne) soit vous travaillez avec les bons profs. Avoir 18 de moyenne et travailler avec les bons profs, ça aide aussi ;)

Un conseil, essayez de voir, lors de vos deux années de Master, ce que les profs font comme recherche. Par la suite, essayez de savoir qui c'est qui a eu le contrat de recherche les années précédentes et avec quel prof il ou elle travaille. Après faites le calcul, c'est une question, soit de probabilités, soit d'être tombé au bon endroit au bon moment ;)
Je ne voudrais pas utiliser le terme piston pour ce genre de pratiques... il doit en effet exister un autre terme moins chargé de connotations négatives pour définir comment se fait en réalité le choix du doctorant qui sera élu suite à des nombreux entretiens.

Donc, pour finaliser la partie strass, soyez attentive, regardez qui c'est qui détient le pouvoir au sein du labo. Participez à toutes les manifestations scientifiques proposées par le labo aussi chiantes soient-elles (colloques, journées doctorales, séminaires, etc.) Participez activement, présentez vos recherches.

Après vous avez d'autres moyens de trouver du financement. Il y a un certain nombre de fondations qui le font (Mustella, p.ex.), vous avez aussi la Région Alsace, la CAF, etc. etc. Par contre, il est peu probable que vous puissiez garder votre sujet de thèse. Je vous conseille fortement d'être flexible à ce propos, car en général ce genre d'organismes ne financent que les sujets qui leur intéressent (ce qui est normal d'un autre côté). Par exemple, les sujet qui "cartonnent" en ce moment c'est la petite enfance, l'autisme (car on est bien dans l'année de l'autisme), le troisième âge, le cancer, la famille recomposée, etc. Si vous voulez travailler sur l'inscription du nom du père dans la communauté togolaise dans la région de Sichuan en Chine (je sais, un sujet bidon), soyez déjà sure que vous n'aurez pas de financement.

Je me permets de vous donner un autre petit conseil, n'hésitez pas à bouger, à voir dans d'autres universités, voire dans d'autres pays comme la Belgique ou la Suisse (le Québec c'est un peu chaud pour avoir du financement). Vous avez encore du temps, commencez à "googler" dès maintenant et vous allez surement trouver une bourse.

Cordialement,

Jean

Bellona
06/11/2012, 22h14
Merci pour cet électrochoc. Car le moins que l'on puisse dire c'est que la réalité des choses ne correspond absolument pas à l'idée que l'on vous laisse vous faire, agrémenté de petites informations par ci par là.
Électrochoc est vraiment le terme adéquat pour ce que je ressens à présent, et cela ne va pas être sans effet sur mon choix à venir pour le M2, car je pense qu'il faut être réaliste.

Encore merci pour la rapidité de vos réponses, et les renseignements que vous m'avez apportés,
Bien cordialement,
Alice.

lili85
12/11/2012, 18h16
Il y a en effet très peu de bourse doctorale "classique" délivrées par les universités. Mais si vous choisissez le bon directeur de recherche et que vous travaillez à fond, rien ne vous empêche d'obtenir ce fameux 18! En général, on fait toujours très bien ce qui nous botte vraiment et vous l'air passionnée non?

Si vous ne l'obtenez pas, reste toujours les bourses régionales que vous pouvez obtenir grâce à un partenariat avec une association (Les petits débrouillards en soutiennent plusieurs sur Marseille par exemple), à vous de fouiner, d'aller à la rencontre des partenaires potentiels en ayant déjà une idée en tête de votre sujet de recherche (mais vous avez le temps de mûrir la question encore un an au moins). Après comme déjà mentionnées il y a les fondations comme la Fondation de France ou Mustella qui financent des thèses sur appel d'offre (ils ont des thématiques particulières).

Enfin, n'écoutez pas toujours vos professeurs, vous entendrez tous les sons de cloches, si vous êtes déterminées foncez!
Pour l'instant, le stage de 500h en complément d'un M2 recherche se fait encore et s'il y a difficulté c'est peut-être une histoire de guéguerre pro/recherche entre enseignants à laquelle vous n'êtes pas obligée de prendre part puisque vous êtes dans votre droit. L'idéal c'est un master mixte...:music_whistling:
une étudiante de ma promo a immédiatement trouvé un travail et effectue sa thèse en même temps...il faut choisir le bon HDR tout est là!

titezoubi
28/11/2012, 11h10
Bonjour

Je souhaite vous faire part de la situation concernant les doctorants dans la ville où j'ai fait mes études.

L'école doctorale a décidé de ne plus prendre l'inscription d'étudiants ne vivant pas avec au moins un smic par mois afin d'éviter "leur exploitation" pour les 3 ans à venir.
En conséquence de quoi les doctorants font des demandes de subventions auprès : de la ville, de la région, du ministère ou de fondation privée. Le montant devant égaler au moins un smic par mois pendant 3 ans.
Ou bien, les doctorants travaillent (souvent à temps plein) en temps que psychologue (ils ont tous passés un Master pro donc ...) et si possible dans un lieu accueillant la population étudiée pour la thèse afin déjà d'être sur de ne pas galérer pour les trouver.

Enfin, ils font tous des cours de TD, plus ou moins selon les personnes. Je ne sais pas s'ils ont eu le choix où si ça leur est imposé.

Voilà ce que je constate dans notre petite ville de province ...

Bon courage !

maltoz
02/01/2013, 19h02
Pour ce qui est du financement CIFR, ton directeur de recherche peut éventuellement aider à trouver une association prête à financer non? Et pour faire le dossier c'est pareil, un directeur de recherche un minimum disponible t'aide à construire ton projet de recherche en principe?

Naveed123
07/06/2013, 11h17
this is very very nice and beautiful post.

stephan5945
21/02/2014, 17h53
Bonjour à tous,
Bonjour Alice,




Je suis actuellement étudiante en Master 1 Psychologie et Psychopathologie clinique, à l'Université de Strasbourg.
Je me suis inscrite dans un parcours Recherche, et je souhaite donc poursuivre ma scolarité en Doctorat.

Si je me tourne vers vous, c'est afin d'obtenir des renseignements valables concernant cette filière spécifique qu'est la recherche. Je m'explique :

- Mon principal souci concerne le financement du doctorant. En effet, lorsque je me suis entretenue avec certains de mes professeurs concernant mon ambition doctorale, on m'a dit ou laissé fortement sous entendre que les doctorants étaient généralement prédisposés à donner des cours durant leur thèse dans l'Université qui les accueille, sous contrat de travail avec rémunération.
==> Aujourd'hui, un autre professeur m'a dit que c'était loin d'être systématique, et que c'est bien pour cela que les doctorants se retrouvent en déplacement sur toute la France, à la recherche d'une Faculté qui accepte de les financer de cette façon, et que c'est de plus en plus rare dans le contexte de crise financière actuelle.

- On m'a également dit que les doctorants bénéficiaient d'une bourse doctorale.
==> Je viens d'apprendre que cette bourse est, elle aussi, très loin d'être systématique, et qu'encore une fois elle est exceptionnelle et de plus en plus rare pour les mêmes raisons qu'énoncées plus haut.

- La bourse sur critère social que donne le CROUS, s'arrête au M2. Mais il était possible de demander une bourse exceptionnelle, dans le cadre d'un parcours doctoral.
==> Après avoir pris contact avec le CROUS de ma région, il se trouve que les subventions de l'état en la matière se sont considérablement amenuisées, voir même sont quasiment inexistantes, et rendent extrêmement difficile, si ce n'est impossible, de bénéficier à la date actuelle de cette bourse.

- Être doctorant signifie avant tout être bénéficiaire d'un BAC+5, et offre donc la possibilité de trouver un emplois dans une institution tierce, et ainsi s'auto-financer, tout en enrichissant son parcours scolaire d'une pratique professionnelle. Le tout étant rendu possible, par l'obtention du statut de Psychologue (que l'on obtient, dans le cadre d'un parcours recherche, en réalisant un stage volontaire, et en le conventionnant par notre FAC, afin de valider le pré-requis professionnel manquant à la filière recherche).
==> Cette même professeur (enseignante-chercheur) vient de me dire que non seulement c'était de moins en moins accepté de procéder ainsi, mais que c'était aussi très mal vu, car c'est, je cite, "usurper le titre de psychologue".

En conclusion, si l'on veut faire un doctorat il faut être soi issue d'une famille capable de couvrir les dépenses (ce qui n'est absolument pas mon cas), soit être recruté par un organisme qui prend en charge votre doctorat en échange d'un contrat de travail à la sortie dans leur entreprise (en clinique ça risque d'être très compliqué), soit faire 35 heures au Macdo (et ça merci mais j'ai donné, ma santé aussi).

Ma question est donc la suivante, il doit très probablement y avoir des doctorants, ou des docteurs en Psychologie, et j'aimerai tout simplement savoir comment êtes vous parvenu à financer vos études...
Je suis vraiment déprimée par toutes ces nouvelles informations, je suis réellement engagée dans ce parcours recherche, j'ai un projet de thèse, mais surtout une ambition de carrière. Je ne fais pas recherche par défaut, je le fais car j'ai ça dans le sang, ça me fait rêver, et maintenant que j'y suis engagée, et que j'ai eu l'occasion de me projeter la dedans, je ne me vois plus faire autre chose...

Je vous remercie par avance pour l'attention que vous conférez à mes questions,
Et je m'excuse pour la longueur de ce post, mais je ne savais comment être plus claire :/


Merci encore,

Alice V.

Conscient que le temps s'est écoulé depuis ce message initial, je voulais dire que je connais bien cette situation singulière de doctorant ... Je suis Docteur en psychologie clinique depuis 2011 et psychologue depuis 2005, je suis surpris d'avoir lu dans ton texte que "le titre de psychologue pouvait être usurpé" ... Il Y a beaucoup de représentations à gommer ! Sinon, je suis prêt à te raconter mon "odyssée universitaire" et répondre à la plupart de tes questions si c'est d'actualité. J'ai mis 6 ans pour obtenir le titre de Docteur en psychologie, car je travaillais à temps plein à côté de ma recherche, pour les mêmes raisons que toi je crois.... Mais tout est possible !! Même si la recherche fait appel à de la persévérance, est jalonnée de doutes et de "trahisons", etc. Mais le jeu en vaut la chandelle !!! Quand tu sors de la soutenance de thèse auréolé de ton titre, toutes les difficultés s'effacent, et tu es prêt à te lancer vers de nouvelles aventures !!!! Fais moi signe si mon expérience t'intéresse. Je suis nouveau sur le forum (depuis aujourd'hui !), et je viendrai ponctuellement.
Stéphane :)

Miraeli
23/02/2014, 14h30
Bonjour Stephan, je me permets d'interagir sur ce sujet du doctorat qui m’intéresse.
Je suis psychologue à plein temps, et j'aimerais faire une thèse en parallèle sur un sujet précis. Seulement, je n'ai pas de contacts dans le monde de la recherche et de ce que j'ai perçu c'est que du piston !

Du coup, ma question c'est comment trouver un directeur de thèse susceptible de m'encadrer ? quelle "stratégie" mettre en place ? Que me conseilles tu ?

Merci pour ta réponse

stephan5945
24/02/2014, 09h20
Bonjour Stephan, je me permets d'interagir sur ce sujet du doctorat qui m’intéresse.
Je suis psychologue à plein temps, et j'aimerais faire une thèse en parallèle sur un sujet précis. Seulement, je n'ai pas de contacts dans le monde de la recherche et de ce que j'ai perçu c'est que du piston !

Du coup, ma question c'est comment trouver un directeur de thèse susceptible de m'encadrer ? quelle "stratégie" mettre en place ? Que me conseilles tu ?

Merci pour ta réponse

Bonjour Miraeli,
Je suis ravi d'être sollicité, même si mon message ne t'apportera peut-être pas toutes les réponses attendues.
D'abord la représentation de la recherche qui serait fondée sur du "piston" uniquement doit être nuancée. Effectivement, être connu d'un laboratoire de recherche suite à un M2, ou être en lien avec un directeur de thése (HDR), sont des atouts pour être sélectionné mais ils ne sont pas pour autant garants d'une place accordée dans une équipe de recherche. Le monde de la faculté est bien sûr un monde qui donne l'impression de fonctionner en vase clos, mais cette autre représentation est aussi trop "simple" pour être significative.

Il me semble que les choses se ressemblent avec le projet de mener un M2 Recherche : pour une thèse c'est d'abord le sujet de la recherche et la thématique de celle-ci qui priment à mon humble avis sur le reste. Du coup il faut d'une part se renseigner sur les thématiques en vogue dans un laboratoire de recherche, et d'autre part apporter un sujet de recherche qui soit original ou singulier. Notre capacité à défendre un projet de recherche prime aussi, et notre connaissance des travaux en cours d'un directeur de thèse sont très importants.
Pour ma part, j'ai fait mon M2R à Lyon où je ne connaissais personne, puis ma thèse à Grenoble - Chambéry où je ne connaissais plus personne ... Ce qui m'a permis d'être pris dans les 2 cas c'est :
- mon sujet de recherche (original) qui collait bien à la thématique en cours des laboratoires visés ;
- ma rencontre avec les directeurs de recherche : ceux-ci sont toujours prêts à rencontrer des professionnels qui veulent travailler avec eux, mais il faut arriver dans leur bureau avec un projet qui tape dans l'oeil ;
- ma situation de salarié à temps plein qui offre des garanties pour un directeur de recherche : une indépendance financière (ce qui aide à la décision ...), et une activité sur un terrain clinique qui va forcément nourrir la réflexion clinique, d'une manière ou d'une autre.

Voilà en quelques mots un semblant de réponse à tes questionnements, dis moi su tu veux en savoir un peu plus. D'ici là, bon courage et bonne continuation Miraeli !!!!!
Stéphan5945

Miraeli
25/02/2014, 16h37
Bonjour Miraeli,
Je suis ravi d'être sollicité, même si mon message ne t'apportera peut-être pas toutes les réponses attendues.
D'abord la représentation de la recherche qui serait fondée sur du "piston" uniquement doit être nuancée. Effectivement, être connu d'un laboratoire de recherche suite à un M2, ou être en lien avec un directeur de thése (HDR), sont des atouts pour être sélectionné mais ils ne sont pas pour autant garants d'une place accordée dans une équipe de recherche. Le monde de la faculté est bien sûr un monde qui donne l'impression de fonctionner en vase clos, mais cette autre représentation est aussi trop "simple" pour être significative.

Il me semble que les choses se ressemblent avec le projet de mener un M2 Recherche : pour une thèse c'est d'abord le sujet de la recherche et la thématique de celle-ci qui priment à mon humble avis sur le reste. Du coup il faut d'une part se renseigner sur les thématiques en vogue dans un laboratoire de recherche, et d'autre part apporter un sujet de recherche qui soit original ou singulier. Notre capacité à défendre un projet de recherche prime aussi, et notre connaissance des travaux en cours d'un directeur de thèse sont très importants.
Pour ma part, j'ai fait mon M2R à Lyon où je ne connaissais personne, puis ma thèse à Grenoble - Chambéry où je ne connaissais plus personne ... Ce qui m'a permis d'être pris dans les 2 cas c'est :
- mon sujet de recherche (original) qui collait bien à la thématique en cours des laboratoires visés ;
- ma rencontre avec les directeurs de recherche : ceux-ci sont toujours prêts à rencontrer des professionnels qui veulent travailler avec eux, mais il faut arriver dans leur bureau avec un projet qui tape dans l'oeil ;
- ma situation de salarié à temps plein qui offre des garanties pour un directeur de recherche : une indépendance financière (ce qui aide à la décision ...), et une activité sur un terrain clinique qui va forcément nourrir la réflexion clinique, d'une manière ou d'une autre.

Voilà en quelques mots un semblant de réponse à tes questionnements, dis moi su tu veux en savoir un peu plus. D'ici là, bon courage et bonne continuation Miraeli !!!!!
Stéphan5945

Bonjour, merci pour ta réponse.

Je pense qu'un projet de thèse mérite beaucoup de persévérance et quand on n'a pas fait un M2 recherche il faut s'accrocher !
Je me demandais aussi si en faisant une thèse non financée ou plutôt auto-financée, on passait par le même trajet qu'un candidat à une thèse financée ? Doit-on nous aussi passer par l'entretien de fin d'année scolaire à l'école doctorale ? Ou peut-on commencer une thèse officiellement en milieu d'année, par exemple en janvier ?
Comment as tu géré ton temps de travail avec ta thèse? Devais tu avoir des temps de présence au labo ? Comment organisais tu? Je sais qu'il ai bien vu de participer à toutes les conf, colloques,... du labo. Comment faire avec un travail à côté ? Et as tu du avoir une convention ou "association" entre la direction de ton établissement et ton labo?

Désolé pour toutes ces questions... J'ai besoin de planifier avant de me jeter à l'eau !

stephan5945
04/03/2014, 11h39
Bonjour, merci pour ta réponse.

Je pense qu'un projet de thèse mérite beaucoup de persévérance et quand on n'a pas fait un M2 recherche il faut s'accrocher !
Je me demandais aussi si en faisant une thèse non financée ou plutôt auto-financée, on passait par le même trajet qu'un candidat à une thèse financée ? Doit-on nous aussi passer par l'entretien de fin d'année scolaire à l'école doctorale ? Ou peut-on commencer une thèse officiellement en milieu d'année, par exemple en janvier ?
Comment as tu géré ton temps de travail avec ta thèse? Devais tu avoir des temps de présence au labo ? Comment organisais tu? Je sais qu'il ai bien vu de participer à toutes les conf, colloques,... du labo. Comment faire avec un travail à côté ? Et as tu du avoir une convention ou "association" entre la direction de ton établissement et ton labo?

Désolé pour toutes ces questions... J'ai besoin de planifier avant de me jeter à l'eau !

Bonjour Miraeli,
Quel que soit le financement d'une thèse, celle-ci passe par le même trajet ; je pense que celui-ci ne doit pas trop différer d'une université à l'autre. Proposition d'une thématique (d'un axe de travail)au directeur de recherche, si accord de celui-ci, présentation de ce projet au directeur du laboratoire de recherche (mais c'est le directeur de thèse qui défend ses thésards), après accord du directeur de laboratoire : inscription à l'université, signature de la charte, etc.
En ce qui concerne la thèse que j'ai conduite à l'université de Grenoble-Chambéry, la validation d'une thèse passait par : l'obtention de crédits d'enseignements (c'est une certaine quotité d'heures passées en formation/colloque/séminaire ....), l'autorisation de soutenir sa thèse (dans la troisième année, au mieux !) et la soutenance de thèse (après 3 ans au minimum). Tout cela n'est pas très "lourd", il me fallait pour ma part valider (20 x 7) heures d'enseignements avant la fin de la deuxième année. Ensuite tout s'enchaîne plus ou moins facilement selon le directeur de thèse.
En règle générale, c'est le directeur de thèse qui défend la poursuite du travail de recherche à la fin de chaque année universitaire (donc, "pas d'oral" !), et une thèse démarre dans un laps de temps bien défini : de mi-septembre à mi-novembre en général.
Pour le reste de tes questions, tu touches là à la principale difficulté de conduire une thèse à terme quand on est salarié à temps plein. Ces deux mondes (université ET terrain professionnel) ont des rapports et des relations entre eux très compliqués ..... Les résistances existent de part et d'autre, les freins sont nombreux, les doutes très ponctuels par la même occasion, les paradoxes sont de légion, etc. MAIS c'est aussi ça l'odyssée d'une thèse, le candidat est aussi jugé sur sa persévérance et sur ses capacités de réaction face aux aléas nombreux dont on se passerait bien....
Il faut gérer ses temps de présence, et on est alors parfois dans du "bricolage...". Pour ma part, l'institution où je bossais a fini par voir d'un mauvais œil le travail de recherche que je menais (à côté de mon travail à temps plein que je n'ai jamais abandonné !!), je devais donc poser des CA pour pouvoir aller dans des séminaires, sans être pour autant sûr que ceux-ci soient signés ..... Le tout dans une "fausse courtoisie" où il faut faire attention à ne pas donner l'occasion à son institution de nous mettre encore plus la pression....
Mais bon, ça en vaut la peine et on finit par recueillir le fruit de ses efforts !!!
Alors courage et n'abdique pas !!!!!
A bientôt !
Stéphan5945

ade
16/03/2014, 09h02
Je réponds concernant la partie du message qui concerne "l'usurpation du titre de psychologue" : quand on a effectué un master recherche avec stage qualifiant on peut légalement utiliser le titre de psychologue. Il est grave de stipuler que cet usage est illégal.

Que les avis divergent concernant les contenus des enseignements à destination des futures psychologues est normal, MAIS on ne peut pas remettre en question la légalité de l'obtention de ce titre.

Les masters recherche sont différents d'une faculté à une autre, ils sont aussi différents des masters professionnels, tout comme les masters professionnels diffèrent d'une faculté à une autre en terme de contenu.

C'est DONC chaque université qui décide de la pertinence du contenu de ses formations par rapport au titre. Si un ensemble de professeurs d'université considère qu'un master permet d'obtenir le titre de psychologue, c'est ainsi, et il n'y a pas lieu de parler d'illégalité. C'est irrespectueux pour les professeurs responsables ainsi que pour les étudiants qui n'ont pas à subir les divergences d'opinion au sein des facultés.

Un professeur parce qu'il est mécontent du système qu'il discrédite ne transforme pas une obtention légale du titre en usurpation.

Miraeli
18/03/2014, 10h17
Bonjour Miraeli,
Quel que soit le financement d'une thèse, celle-ci passe par le même trajet ; je pense que celui-ci ne doit pas trop différer d'une université à l'autre. Proposition d'une thématique (d'un axe de travail)au directeur de recherche, si accord de celui-ci, présentation de ce projet au directeur du laboratoire de recherche (mais c'est le directeur de thèse qui défend ses thésards), après accord du directeur de laboratoire : inscription à l'université, signature de la charte, etc.
En ce qui concerne la thèse que j'ai conduite à l'université de Grenoble-Chambéry, la validation d'une thèse passait par : l'obtention de crédits d'enseignements (c'est une certaine quotité d'heures passées en formation/colloque/séminaire ....), l'autorisation de soutenir sa thèse (dans la troisième année, au mieux !) et la soutenance de thèse (après 3 ans au minimum). Tout cela n'est pas très "lourd", il me fallait pour ma part valider (20 x 7) heures d'enseignements avant la fin de la deuxième année. Ensuite tout s'enchaîne plus ou moins facilement selon le directeur de thèse.
En règle générale, c'est le directeur de thèse qui défend la poursuite du travail de recherche à la fin de chaque année universitaire (donc, "pas d'oral" !), et une thèse démarre dans un laps de temps bien défini : de mi-septembre à mi-novembre en général.
Pour le reste de tes questions, tu touches là à la principale difficulté de conduire une thèse à terme quand on est salarié à temps plein. Ces deux mondes (université ET terrain professionnel) ont des rapports et des relations entre eux très compliqués ..... Les résistances existent de part et d'autre, les freins sont nombreux, les doutes très ponctuels par la même occasion, les paradoxes sont de légion, etc. MAIS c'est aussi ça l'odyssée d'une thèse, le candidat est aussi jugé sur sa persévérance et sur ses capacités de réaction face aux aléas nombreux dont on se passerait bien....
Il faut gérer ses temps de présence, et on est alors parfois dans du "bricolage...". Pour ma part, l'institution où je bossais a fini par voir d'un mauvais œil le travail de recherche que je menais (à côté de mon travail à temps plein que je n'ai jamais abandonné !!), je devais donc poser des CA pour pouvoir aller dans des séminaires, sans être pour autant sûr que ceux-ci soient signés ..... Le tout dans une "fausse courtoisie" où il faut faire attention à ne pas donner l'occasion à son institution de nous mettre encore plus la pression....
Mais bon, ça en vaut la peine et on finit par recueillir le fruit de ses efforts !!!
Alors courage et n'abdique pas !!!!!
A bientôt !
Stéphan5945


Merci pour toutes ces précisions et ces infos ! Il n'y a plus qu'à...

HARFANG1984
28/09/2014, 12h31
Bonjour,
Je suis étudiant en Master 2 Professionnel de Psychopathologie, Psychologie Clinique et Psychanalyse à Strasbourg. Après mûre réflexion, j'ai récemment décidé de poursuivre par un doctorat. Dans l'idéal, si je parviens à élaborer un projet de thèse à temps, ainsi qu'à trouver un directeur de recherches, j'aimerais commencer ma thèse directement après l'obtention de mon titre de psychologue. Je ne m'en tiens pas qu'à Strasbourg et suis prêt à chercher dans toute la France, voire ailleurs (Belgique, Suisse, Canada, Royaume-Uni...). Je suis déterminé quant au but et flexible sur les moyens d'y parvenir.
Cela dit, une question me taraude : est-il indispensable d'avoir fait un Master Recherches pour entamer un doctorat ? A Strasbourg, en tout cas, c'est comme ça que ça se passe. Pas de M2 recherche, pas de doctorat. J'aimerais savoir si les autres facs de France fonctionnent pareil.
Autre chose : je sais qu'il est possible, même avec un Master français d'orientation psychanalytique, de faire un doctorat au Canada (où la tradition psychanalytique est moins vive dans les facs). Mais j'aimerais savoir quelque chose : à quel point est-il difficile de trouver une fac canadienne où faire son doctorat, en ayant suivi une formation essentiellement psychanalytique pendant son Master ?
Merci de tout coeur pour vos réponses...
Sylvain

Opale
28/09/2014, 23h32
Au sujet de Strasbourg, il leur arrive de faire des exceptions : en 2007, une étudiante a commencé un doctorat après un M2 pro... mais c'était à la demande de la prof qui supervisait son mémoire de M2... ce qui explique l'exception.

fgg
29/09/2014, 09h44
Il est possible de faire un doctorat direct après un M2 pro, mais il faut une dérogation de l'école doctorale. Après, surment que certaines facs, et certains labos sont plus ou moins strict là dessus. Si vous avez une idée de thèse et des bons contacts avec un des membres du labo ça doit beaucoup aider (comme l'exemple d'opale). Sinon refaire un an pour le M2R, avec un sujet de mémoire qui sera en lien avec la thèse et faire copain-copain avec les profs.

Après au canada ça peut se faire, mais le souci de le faire sans passer en même temps par un fac française: il faut un visa étudiant, il faut être accepté dans un programme doctoral d'une université canadanienne en tant qu'étranger et issue d'un courant qui n'est pas forcément le leur (en gros y'a déjà pas 15000 places pour les canadiens alors...), il faut payer l'inscription (ce qui est souvent plus cher pour les étrangers). Une solution (certes pas gagné d'avance) au niveau financier et adminstatif c'est la thèse en cotutelle: vous êtes inscrit (et payez) en France, vous faites environ un an de la thèse au Canada, et a la fin vous avez 2 diplomes (ou un diplome commun).

Lorea
30/09/2014, 13h25
Bonjour,
Pour effectuer une thèse au Canada (a fortiori au Québec) il est effectivement possible de la faire en co-tutelle avec une université française. J'ai une amie qui fait ça cette année. Cela présuppose de constituer un dossier, d'être accepté au Québec dans une université et par un prof et de suivre pendant une année les cours au Québec. L'avantage, c'est que ça permet d'exercer également en Amérique... Après au Québec ils sont plus axés sur des approches intégratives mais je trouve justement que c'est intéressant de pouvoir s'ouvrir à plusieurs approches (je suis moi aussi d'obédience psychanalytique). Il me semble qu'il y a deux périodes d'inscription dans l'année pour aller effectuer une thèse au Québec.

Je suis également intéressée par le fait de pouvoir effectuer une thèse. Je suis titulaire d'un master 2 professionnel (psychologie clinique), et normalement j'ai cru comprendre qu'il n'est plus obligatoire d'avoir fait un M2 recherche pour partir en doctorat, sauf que certaines universitaires réclament encore ce fameux sésame! Pour autant dans le cadre de mon master 2 professionnel il était requis d'effectuer à la fois un rapport de stage et un mémoire de recherche... donc j'espère que cela pourrait me donner un coup de pouce!

Chris95
30/04/2015, 13h49
Bonjour

Je suis titulaire d'un DESS en psychologie obtenu il y 10 ans, et j'aimerais aujourd'hui faire un doctorat.
je pratique en libéral et souhaiterais avoir des infos de la part de thésards ou docteur sur le financement. Est-il possible d'exercer une activité libérale en faisant une these a coté.
En quoi le cout d'une thèse est-il élevé, que regroupe t-il?

Merci pour ces infos!!

Kris

Adoya
06/10/2016, 14h38
Bonjour,

Je relance ce sujet qui n'a pas été nourri depuis de longues années mais j'espère avoir quelques réponses... Je suis diplômée d'un master pro et recherche en psychologie clinique depuis 2012 et en poste à plein temps depuis maintenant 3 ans, à ce titre. Dernièrement, j'ai mûri le projet (en parallèle de mon emploi) de m'inscrire en école doctorale l'année prochaine pour un projet de thèse. J'aimerais donc savoir si parmi vous certains ont le même parcours que moi : à savoir commencer une thèse plusieurs années après le M2 ? Et si vous pouviez me donner quelques infos sur les démarches à entreprendre dont la grande question est : à qui s'adresser ?! J'avoue que je n'ai pas de contacts auprès de directeurs de recherche et je ne sais pas par où commencer...

Merci par avance à ceux qui auraient des réponses !!