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psyni94
04/01/2012, 10h16
retour sur la construction d’une minorité noire en France métropolitaine (2005-2008


Yoann LOPEZ,sociologue, chargé d’études et d’enquêtes, Pollen Conseil Paris
La sphère publique française a vu naître en 2005 une multitude de débats, de polémiques et de controverses autour de deux sujets centraux réunis dans ce qui a été communément appelé une « question noire » : l’histoire coloniale et l’histoire de la traite négrière et de l’esclavage d’une part, la place et la visibilité des populations noires, originaires d’Afrique sub-saharienne et des Antilles, d’autre part.
Politiques, journalistes, intellectuels et universitaires ont pris position sur ces thématiques, tout comme, et elles seront au centre de notre propos, des associations autoproclamées représentatives de ces populations qui se sont créées et organisées. Celles-ci se sont opposées, parfois de manière virulente, afin de faire attendre leurs revendications dont les problématiques mémorielles et discriminatoires ont servi à alimenter diverses actions visant à faire reconnaître, ou au contraire à condamner, la réalité de cette « question noire », qui légitimerait l’existence effective et concrète d’une minorité noire française construite sur la souffrance de la discrimination en raison de sa particularité de couleur au sein du territoire de la république.
Notre contribution n’entend pas se borner à l’analyse des bonnes et des mauvaises raisons pour notre société de l’apparition de cette question ethno-raciale, qui n’en ait pas moins sociale.
Elle se propose, au vu des tensions internes que cette question a créée entre certaines organisations issues des populations dites noires, d’étudier et d’analyser ces différends afin de montrer que l’existence d’une « minorité noire » telle que la pose le CRAN (Conseil représentatif des associations noires) reste aujourd’hui encore extrêmement labile au vu de l’opposition manifeste d’une partie de ces populations à être assignées, fixées dans la catégorie identitaire noire.
Nous reviendrons d’une part sur les conséquences que les actions de cette organisation, créée au lendemain des émeutes urbaines, ont pu avoir dans l’espace public français, en cherchant à légitimer l’existence d’une minorité noire et d’autre part sur la manière dont elle est parvenue à imposer sa réalité au sein de ce même espace, au nom de l’expérience vécue de la discrimination qui forge une supposée « condition noire ».
http://www.irtsaquitaine.fr/erd/rubanim1b.htm