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Afficher la version complète : Connaissez-vous les Techniciens Coordinateurs de l'aide psycho-sociale aux aidants?



htx
15/01/2010, 00h10
Licence professionnelle proposée à l'université de Bordeaux 2 psychologie, elle est ouverte pour les étudiants de Licence 2 psycho ou socio.
Les principales missions sont :


De prévenir et repérer les aidants familiaux à risque de détresse ou d'épuisement.
Évaluer en première approche les besoins psycho-sociaux de l'aidant.
Organiser et coordonner l'aide au quotidien des aidants en lien avec les réseaux associatifs et institutionnels.
Contribuer aux actions d'éducation pour la santé centrées sur l'aidant.

Ces missions sont sous la responsabilité d'un psychologue et/ou d'un médecin.
Les compétences requises sont les capacités d'écoute et de reformulation des problèmes (technique de l'entretien clinique...), des compétences organisationnelles, aptitudes au travail d'équipe, sens de la confidentialité.
Les lieux d'exercice sont : réseau d'aide à l'enfance et l'adolescence, associations et institutions d'aide aux personnes handicapées et âgées, les maisons de retraite, les hôpitaux et cliniques. Déplacement possible aux domiciles de l'aidant.






N'est-ce pas déjà le travail du psychologue?
Le « ou » peut-il nous conduire à envisager une structure sans psychologue qui embauche ces techniciens, à moindre coût évidemment?
Cette licence est-elle un moyen de désengorger notre filière?
Le psychologue est-il déontologiquement habilité à contrôler une autre profession?
Ils existent une profession, AMP, qui n'arrive pas à faire sa place à l'hôpital, une psychologue me disait : « alors ces techniciens ne pourront jamais rentrer dans la FPH ». Ce à quoi je lui dis « sauf s'ils font notre travail pour moins cher en prévenant, repérant, évaluant, organisant, coordonnant, contribuant aux actions d'éducation ».



Il existe certainement de nombreuses questions que je ne me suis pas posé MAIS la présentation de cette filière se fait le 29 janvier et je viens juste de découvrir ses objectifs. Je serais intéressé pour lancer le débat sur ces questions mais aussi d'en recevoir d'autres, ou du moins que vous critiquiez mon questionnement.
La présentation se fait à Bordeaux Victoire, toute la journée : 10 euros étudiant, 30 euros professionnel, inscription à faire à la secrétaire des licences 1-2.


Merci de m'aider à y réfléchir.


Sébastien

Lubi
15/01/2010, 08h34
Aie aie aie, ce que je vous redoute, ces licences pro fourent tout dans lesquelles on parque les étudiants moyens qui n'iront jamais en master! Pfffff, je vois d'un très mauvais oeil ce genre de formation.
Quand celle-ci sont orientées vers des postes type directeur d'EHPAD, cela ne me gène absolument pas, bien au contraire. En revanche, les mots soulignés en gras sont très évocateurs. S'agit-il de psy au rabais, une anticipation sur le decret des psychothérapeutes, cela fait peur.

leanne
15/01/2010, 23h27
Je suis également inquiète par la mise en place de cette licence professionnelle.
Je suis d'accord pour dire que les missions de ces futurs professionnels recoupent certaines de nos missions, et pense que cette licence ne peut que fragiliser notre profession, notre insertion, notre place dans l'institution, notre identité professionnelle,.. sans doute au profit de "chiffres" plus interessants pour l'université en matière d'insertion de leurs étudiants (pr les filières psycho/socio)

Une collègue psychologue en EHPAD me faisait remarquer que les psychologues ont déjà été "zappés" du Plan Alzheimer (entre autres), la dimension psychique etant ainsi occultée, et que l'axe éducatif/rééducatif ("techniciens de l'aide", mais aussi "educateurs en santé"...) prenait le pas depuis quelques années, venant privilégier l'idée de réponses -toutes faites?- à celle de la réflexion clinique. On pourra toujours nous dire qu'il s'agit de métiers différents et que nous n'avons rien à en craindre, mais nous savons très bien que la réalité du terrain est plus complexe, et que les institutions sont souvent en attente de réponses "simples".

Cela pose également la question de nouveaux intermédiaires entre le patient/l'aidant et le médecin, le patient/aidant et le psychologue...

Bref, nous attendons vos réflexions, merci à htx d'avoir ouvert le débat!

htx
18/01/2010, 02h56
up !
Je fais remonter le message pour tenter d'avoir le plus de points de vue pour le jour de présentation...
Merci !

htx
21/01/2010, 15h16
Je fais remonter un dernier coup ...

fanou
31/01/2010, 12h03
Je suis moi aussi très intriguée par cette licence, qui me semble mettre en péril la fonction de psychologue.

Je n'ai pas pu assister à la journée organisée vendredi dernier, quelqu'un s'y est-t-il rendu ?

Karin
12/02/2010, 11h41
Bonjour,

Il se trouve que dans un autre cadre que cette journée j'ai assisté à une courte présentation de cette licence pro. Pendant la description je me suis dit : oui, mais ça les psys le font déjà en institution, c'est un boulot de psy... Le prof responsable de la formation avait bien sûr préparer ses contre-arguments, on voyait qu'il avait prévu de traiter les objections ! Le 1er truc qu'il a dit c'est que ça n'avait rien à voir avec le boulot des psys en institution ! Je n'ai toujours pas compris pourquoi.... Enfin, ils seraient là pour identifier les besoins et mettre des choses en place... ça me rappelle les "chargés de mission" dans la fonction publique.

Ce que je comprends c'est que 1) les étudiants en L2 pourront s'orienter ailleurs qu'en L3 (apparemment cette formation va se propager dans d'autres facs), 2) les institutions qui ne veulent pas payer des bac+5 auront des gens sous la main à bac+3 avec des arguments pour dire que ça n'a rien à voir.

Cette licence sentait la "politique" à plein nez, il y a des financements du CG et je ne donne pas cher des places en M2 à Bordeaux.

A mon avis ce n'est que le début...

Karin

htx
12/02/2010, 18h38
Je vous transmets les info qu'une étudiante m'a envoyé dernièrement sur cette présentation :


" Concernant la licence en elle-même, ils en ont surtout parlé en fin d'après-midi, quand j'étais absente, mais j'ai pu me renseigner auprès d'une autre étudiante, et en fait il y a eu un débat "animé" concernant cette fameuse licence, pourquoi des "techniciens" et au final l'explication n'a pas été clair apparement.
Tout ceci demande plus d'explication mais ils n'ont pas su expliquer le rôle des techniciens, si ce n'est un rôle de coordinateur, d'aider les familles à trouver les aides, à joindre les administrations etc. Avoir des techniciens conscients des difficultés que rencontrent les familles. La simple réponse qu'ils ont apporté se situait sur un diaporama, qui a défilé trop vite apparement, impossible de prendre des notes, à remarquer d'ailleurs que [JB] à fait sa présentation comme un cours, c'était n'importe quoi, il a lu son diaporama et voila."

La matinée était consacrée à des présentations faites par les aidant eux mêmes sur leur travail ...

leanne
12/02/2010, 22h11
Merci pour ces retours. Effectivement, une amie m'a dit que le contenu de cette présentation n'était pas très explicite (donc pas rassurant), et que la plupart des questions restaient en suspend...

Je n'ai pour ma part pas pu être présente à cette réunion, mais je souhaiterais proposer d'autres pistes de réflexion:


- Cette formation n’aurait-elle pas davantage sa place dans les formations de travailleurs sociaux plutôt qu’à la fac? (ex : la formation de « techniciens en intervention sociale et familiale » peut se rapprocher de cette idée) . Est ce que cela ne pourrait pas éviter la confusion avec les psychologues? (avec si possible un autre argument que "mais non, ne vous inquiétez pas", "c'est ridicule de penser que"...)

- Pourquoi morceller davantage la prise en charge alors que cette logique n’est la plupart du temps pas profitable ni aux institutions ni aux patients ? Concrètement, quelle place pour le technicien coordonnateur de l’aide aux aidants en institution et auprès des familles, (mais aussi: pour d'autres professions récemments créées, telles qu'"educateur en santé", qui à mon sens relèvent d'un "découpage" des missions de professionnels déjà existants)? Où vont-ils exercer ? Comment ? (par exemple pourrait-on décrire une journée-type de technicien coordonnateur en instituttion?)

- D’autre part, comment allons-nous faire pour accueillir et suivre ces nouveaux étudiants sachant qu’il n’y a déjà pas assez de places pour prendre en stage les futurs psychologues ? Est-ce bien de notre ressort? Qu’allons-nous leur transmettre ?

- Et, si cette nouvelle profession n’a vraiment « rien à voir » avec nos missions (sic), pourquoi est ce aux psychologues de les encadrer ?? Si nous devons encadrer ces étudiants, et être donc des "partenaires", il me semble important que nous soyons au clair, c'est à dire mieux renseignés

gppsy
12/02/2010, 23h41
Ceci rentre dans l'orientation du Plan Alzheimer 2008-2012 (http://www.plan-alzheimer.gouv.fr/mesures/mesures-20.html) avec aussi l'apparition de nouvelles formations d'assistant de soins en gérontologie... même s'il y a de bons aspects, c'est aussi un projet politique dans l'air du temps, des plans, des lois qu'ils dégainent plus vite que leurs ombres... sans forcément que ce soit suffisamment anticipé (par exemple, un ifsi qui ouvre cette nouvelle formation sans avoir prévu de contenu précis ni d'intervenants !)

Beaucoup de mesures dans ce plan, et une profession absente... Mais de qui donc s'agit-il ? :eek: