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Clochette
09/03/2009, 19h13
Bonsoir à tous,
Dans un post intitulé "voilà où nous allons?!!! "écrit dans échanges divers entre psychologues" je fais part de ce qui m'arrive et surtout arrive aux résidants du foyer de vie où j'interviens depuis 3 ans.
Sous le discours du CG, ma direction ne souhaite plus que je fasse les suivis psychologiques des résidants en situation de handicap psychique et/ou moteur. Il est vrai que j'ai de réelles difficultés relationnelles avec la chef de service (sa mère étant responsable du pôle handicap) et je m'entends dire que le suivi psy des résidants revient dorénavant aux infirmiers psychiatriques et que le psychologue aura une mission auprès exclusivement des équipes.
Pour une ample compréhension de ma situation, vous pouvez lire le post dans "échanges divers entre psychologues" car la situation est réellment dramatique et cette chef de service est heureuse de dire que c'est une évolution dans le post de psy. J'ai mis 2 ans pour passer de 4H30 à 8H30 de travail et début mai je vais avoir 5H pour le FV et 3H30 pour l'EHPAD dont le FV dépend.
Au delà de ça je trouve que ma pratique de psychologue est complètement annihilée car j'estime que les suivis avaient un réel impact sur le bien-être psychique des résidants. D'aucune façon je ne peut défendre l'intérêt des suivis car la décision est prise et arrange tout le monde.
MA QUESTION : avez-vous entendu ce discours dans les structures d'hébergement pour personnes handicapés dans la région aquitaine et plus précisément dans le pays basque : lieu où je travaille.
Merci pour vos réponses.
Clochette.

Chipoo33
14/03/2009, 11h35
Bonjour,

J'ai lu avec attention votre situation... Je travaille en FO en Aquitaine aussi et je n'ai pas du tout entendu ce discours là.

Plus je regarde autour de moi et plus je me rends compte que les avancées ou régressions en matière de travail médico-social sont dépendantes des personnalités qui gèrent tout ça de loin, malheureusement. Et si en plus, des conflits d'un autre genre se greffent dessus, cela prend trop souvent le dessus au détriment des résidants ou patients.

Dans votre situation, la marge de manoeuvre me semble bien limitée... Que pense le reste de l'équipe? Soutient-elle ce genre de mise à l'écart et l'arrêt des entretiens individuels pour les résidants?

psyfred14
14/03/2009, 20h17
Bonjour,

Je ne travaille pas dans le même environnement que vous, mais avec des enfants. Ce discours est omniprésent. Les psys perdent lentement mais sûrement du terrain. Les nouveaux chefs de service et directeurs des structures quelles qu'elles soient, sont tous formés, je dirais même "formatés" dans des écoles de management. Ils ont un discours uniforme de rentabilité, de performance, d'évaluation, qui laisse peu de place à la vie psychique. Les psys dérangent de plus en plus, on les maltraite, on les temps parcellise, on les mesinforme, on les écarte des instances décisionnaires... C'est ce que je vis dans le Calvados. On est passé d'une omniprésence psy dans les années 70, 80 avec des grands noms de la thérapie institutionnelle par ex, où on donnait le temps à la réflexion, le temps au temps psychique... Tous ces psys sont partis à la retraite et maintenant, il faut faire sa place tous les jours, et recommencer tous les jours... Pas facile. Je sens aussi un discours étatique dans la même veine... il faut rester vigilants et surtout regroupés et fidèles à une éthique.

Clochette
14/03/2009, 20h29
Bonsoir,

Tout d'abord merci pour votre réponse car elle confirme mes pensées.
Pour répondre à votre questionconcernant les membres de l'équipe : ils sont peinés pour les résidants mais ils sont aussi victimes depuis 3 ans comme moi de la façon de gérer ce foyer de vie.
Ayant à nouveau rencontrer ma directrice j'ai beaucoup réfléchi sur tout cela. D'une part vous avez une directrice qui gère deux établissements : EHPAD et FV et son désir est d'équilibrer la prise en charge et c'est pour cela qu'elle souhaite que j'investisse l'EHPAD. De l'autre vous avez une chef de service non diplômée et incompétente, dangereuse au niveau relationnel .... qui ne souhaite qu'une chose : un FV sans psy ou peu de présence psy du moins et ceci dans une optique non thérapeutique mais occupationnelle et ludique. Cette-dernière a la chance d'avoir sa mère responsable du pôle handicap et qui prends la situation actuelle (1 directrice qui veut qu'un psy investisse l'EHPAD) comme situation propice à éjecter la seule partie (suivi psy) qu'elle ne souhaite pas et qu'elle ne peut gérer.
Et maintenant il y a moi qui est bien analysée la situation et qui a trés mal pris le discours (suivis doivent être fait par les inf psy) et du fait du mauvais relationnel avec cette personne. A présent je comprends le point de vue de ma directrice même si je lui ai exposé mes réticences dans le fait de stoper les suivis des 12 résidants que je fais. Mais j'ai pu exprimer le fait que je pourrais pas refuser de rencontrer de façon trés ponctuelle des résidants qui vont mal : chose qu'elle a approuvée alors quelle ne l'avais pas fait devant la chef de service qui m'avais répondu "de toute façon tu n'auras plus le temps".
Voilà où j'en suis. Même si je commence à remonter acr cela avais beaucoup entachée ma confiance professionnelle je remonte et compte montrer à ma nouvelle directrice mes compétences au sein de l'EHPAD et du FV mais je n'hésiterais pas à démissionner si une bonne opportunité (même si elles sont rares) se présente à moi.
Clochette

moustik
15/03/2009, 11h16
Bonjour,
Je travaille dans un foyer d'hébergemet du (40) où le suivi psychologique des résidents par le psychologue est encore au premier plan. Ceci est plutôt encourageant!!
Par contre, il est vrai que dans le 64, j'entends de plus en plus parler de ce phénomène de mise à l'écart du psychologue par rapport au public accueilli.
Lors d'un entretien d'embauche l'année dernière en foyer d'hebergement pour le remplacement d'un mi temps psycho pour un départ en retraite, le directeur réduisait ce temps à 4h/sem, uniquement pour des réunions d'équipes ... le suivi "psy " des résidents, m'a t on dit, serait assuré par l'équipe éducative qui les suivent au quotidien. Idem en Mecs ou dans les foyers associés. En clinique, je defends constamment la spécificité de nos interventions par rapport à celles des infirmiers et ce n'est pas gagné ... il se trouve aussi qu'on coute plus cher et qu'il s'agit pour les structures d'embaucher des salariés supplémentaires alors qu'elles disposent déjà de professionnels sous la main, en charge de plus en plus de tâches avec le même taux horaires.